LES INVISIBLES

Françoise Araujo




Campus Clignancourt — Un autre ailleurs
Musique du générique — Adoración Araujo
Françoise Araujo

Un exemple de récit de vie

Alessandra Pierini – L’Italie authentique et gourmande à travers sa passion

Mais ma mère, elle, restait debout. Toujours aux fourneaux, une louche à la main. Elle se contentait de goûter, grignoter par-ci par-là, veillant à ce que chaque assiette soit servie à la perfection. Une perfectionniste. Toujours.

La cuisine était pensée pour ces moments. Sur la grande table, une énorme planche en bois, fabriquée par mon oncle menuisier, trônait les jours de préparation. Là, ma mère pétrissait, étalait la pâte, fixait la machine manuelle avec sa molette, et moi, assise en face, je tournais la manivelle.

J’adorais ce rôle. D’abord, on passait la pâte entre les rouleaux, au cran le plus large, puis on resserrait, petit à petit. Un geste précis, presque hypnotique. Les longues bandes de pâte souple s’étiraient devant nous. Si elles n’étaient pas parfaites, on les repliait, on les repassait, jusqu’à ce qu’elles aient la texture idéale.

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